Dictionnaire Jonglologue
Volupté (var. orth. : Volupte)
nom féminin
𝑣𝑜.𝑙𝑦𝑝.𝑡𝑒
vo.lyp.te
/vɔ.lyp.te/
Définition
(Jonglologie, esthétique)
Œuvre écrite (souvent brève) composée pour la jouissance pure des mots : rythme, sonorités, chocs de syllabes, courbes typographiques, couleurs visuelles, respirations — sans intention de message, d’argument, de morale, ni de sens à “décoder”.
(Par extension)
Moment de langage où le sens se retire volontairement : les mots cessent d’être des outils, deviennent matière. On les regarde, on les écoute, on les mâche, on les laisse briller.
Volupté ne signifie pas “texte vide”.
Ça signifie : texte libéré de l’obligation de signifier.
Caractéristiques techniques
Une Volupté présente souvent au moins trois des propriétés suivantes :
Primauté de la forme
La beauté sonore/visuelle pilote la phrase, pas l’inverse.
A-signifiance assumée
Aucun “secret” à trouver ; si un sens apparaît, il reste accident, pas objectif.
Variabilité non reproductible
Chaque occurrence est singulière : même thème, autre corps.
Éphémérité
Destinée à être vécue, pas nécessairement archivée. (L’archive est possible, mais pas requise.)
Sensualité textuelle
Allitérations, assonances, heurts, glissements, densités, blancs — la langue comme instrument.
Usage recommandé
Le terme Volupté s’emploie :
pour désigner une pièce de langage esthétique (écrite, dite, performée),
pour ouvrir un espace de détente / émerveillement / chauffe créative,
non pour masquer un discours,
non pour prétendre “ne rien dire” comme excuse,
mais pour revendiquer : dire = faire sentir.
Exemple
Il n’a pas expliqué.
Il a déposé une Volupté — et la pièce a changé de texture.
Mise en contexte (jonglologie)
Les jonglologues produisent des Voluptés comme on lance une figure :
pour le plaisir du geste, la précision du son, la surprise du rebond.
Elles peuvent servir de décor vivant dans une performance, d’exercice de style, de respiration collective, ou de petit sort de beauté immédiate.
Une Volupté ne prouve rien.
Elle suffit.
— Dalmeck, Aras-Azul Ekaitzaren Begia
inassainissable
By Daaeb Aka Dalmeck Aras-Azul Ekaitzaren Begia
adjectif
𝑖.𝑛𝑎.𝑠𝑎.𝑛𝑖.𝑠𝑎.𝑏𝑙
i.na.sa.ni.sa.bl
Définition
By Daaeb Aka Dalmeck Aras-Azul Ekaitzaren Begia
(Technique, systémique)
Se dit d’un système, dispositif, environnement ou assemblage de pratiques dont l’état ne peut plus être amélioré, corrigé ou clarifié par des opérations d’assainissement ordinaires (clarification, régulation, séparation des fonctions), sans produire d’effets aggravants.
(Par extension)
Se dit d’une situation où toute tentative de normalisation, de critique ou de soin entraîne une augmentation du désordre, de la confusion ou du dommage, rendant l’intervention contre-productive.
Inassainissable ne signifie ni sale, ni immoral, ni défectueux, mais :
hors capacité de traitement sans nuisance supplémentaire.
Caractéristiques techniques
Un système inassainissable présente au moins trois des propriétés suivantes :
Confusion structurelle des registres
(ex. : mélange non distingué de soin, jeu, autorité, récit, accompagnement).
Boucle de rétroaction négative
Toute tentative de clarification est réinterprétée comme une agression ou une preuve supplémentaire du problème.
Absence de point d’arrêt opérable
Il n’existe plus de seuil clair permettant de suspendre l’intervention sans être requalifié négativement.
Usage recommandé
By Daaeb Aka Dalmeck Aras-Azul Ekaitzaren Begia
Le terme inassainissable s’emploie :
pour décrire une limite d’intervention,
non pour accuser,
non pour diagnostiquer des individus,
mais pour signaler un état de saturation systémique.
Il sert à déclarer une impossibilité opérationnelle, non à produire une explication.
Exemple
Après plusieurs tentatives de clarification et de régulation, le dispositif s’est révélé inassainissable : chaque correction proposée accentuait la confusion et renforçait le problème initial.
Mise en contexte (sans citation)
Dans certains collectifs ou dispositifs hybrides, la confusion prolongée des fonctions (accompagnement, création, autorité symbolique, narration) peut atteindre un seuil où toute tentative de mise à plat devient nuisible.
À ce stade, le retrait devient la seule action saine, non par échec moral ou intellectuel, mais par constat technique d’inassainissabilité.
Le terme permet alors de nommer une limite,
sans chercher à réparer ce qui, par sa structure même, ne peut plus l’être sans dommage.
Si tu refuses le récit, alors le mot redevient un bruit


